lundi 23 juin 2008

Seul sur une île, une autre

Je devance les sarcastiques qui prenant exemple sur ma soeur diraient :" quoi, tu es allé sur une île mais tu es déjà sur une île". La notion d'île est toute relative. Tout est une île sauf la mer. Après l'habituelle soirée du vendredi soir et un match de foot perdu par une Equipe de France malchanceuse, je me rendis comme convenu avec Mathieu à l'embardacère pour prendre le bateau à destination d'Oshima. Mathieu, assommé par la défaite à 4h du matin, me fit faux bond. Mais je n'aime pas trop renoncer quand j'ai prévu quelque chose, mon agenda devant prendre le même caractère d'inévitabilité que la Genèse, le plus étant de le remplir.
Le bateau est essentiellement occupé par de vieux pécheurs qui possédent tellement de cannes qu'on a l'impression qu'ils vont jouer au golf. Sinon, on trouve des Japonais plus jeunes munis de matériel de plongée. Je vous laisse déduire ce qu'ils allaient faire. je ne doute pas de votre sagacité. Je reste tout même impressionné par la qualité de l'équipement des Japonais. Pas de chance l'arrivée n'est pas dans le bon port. Il y a peu de commerces, c'est moche. Il n'y a pas un rat. Je prends le bus vers le port principal de l'ile. Une fois là-bas, je mange un sashimi, correct sans plus. Ensuite, j'hésite entre louer un scooter et louer un vélo. Ma conscience me fait choisir le vélo, en dépit de ma forte envie de comparer les îles grecques et japonaises. Me voilà parti a l'assaut du volcan MihaMara. 764m de hauteur, je pars du niveau de la mer, il est midi et demi. Je constate vite que je n'ai pas fait de sport depuis longtemps, qu'il fait chaud et que les deux verres de thé bus au sashimi ne sont pas suffisants. Mais je persévère, à mon rythme. Bientôt, je suis rattrapé par des Japonais aux vélos tous plus beaux les uns que les autres. De véritables Pantani et Lance Amstrong, du moins si on regarde leurs montures. Vite lâché par les plus performants du groupe, je creuse toutefois l'écart avec le peloton, constitué de deux filles et d'un mec. J'ai beau me dire qu'il faut que je me dépasse, que je ne dois pas me faire rattraper, après avoir fait plus de la moitié (ou seulement, c'est selon) de l'ascension, je décide de marcher dans les endroits pentus et de ne rouler que sur les faux plats. Je roule donc peu. A ma grande surprise, je ne suis pas rattrapé. La route s'arrête a un carrefour touristique. Je prends deux bouteilles d'eau et une bouteille de fanta orange. Je bois ca vite fait, gardant un peu de la derniere bouteille pour la fin de l'ascension. Je fais le tour du volcan en poussant mon vélo. Le cadre est splendide. La roche volcanique perçant la végétation offre une intéressant alliance de couleurs On est censé pouvoir voir le Fuji mais pas ce jour-là, un peu comme partout. Je discerne les autres iles. Tel les rois mages, je décide de rentrer par un autre chemin. Ce n'est pas forcément très malin, car la brume envahit cette lande volcanique bien plus vite que le cheval au galop. Lors de la descente, je reste prudent, mettant pied a terre lors des passages délicats, je ne m'autorise une incarnation de Nicolas Vouilloz que lors des passages faciles. C'est malgré tout grisant. J'enchaine ensuite avec une descente sur la route. C'est bien entendu nettement plus facile que dans l'autre sens et j'appuie en permanence sur les poignées de frein. Au port, je n'ai pas envie de rejoindre les vieux pêcheurs dans l'onsen. J'ai plus qu'à me poser sur la plage de sable noir. La nuit tombée, je recherche un restaurant en me fiant a mon ouie. La désertification des hameaux (Anne pas de remarque stp) et des îles fait des ravages aussi au Japon. La moyenne d'âge du village est nettement supérieure à celle du Japon et ce n'est pas peu dire. Je choisis un yakitori. Il s'avéra tres bon et pas cher. Mon voisin ne cessa de me parler et de commenter mes réactions avec ses potes. Ce fut un moment de japonisation rurale. Puis j'ai cherché un bar, et je n'ai pas trouvé. J'ai donc cherché un endroit où dormir. Je n'allais pas payer un hôtel. Je me sui d'abord allonge sur un banc dans un parc. Dévoré par le moustiques et peu satisfait de l'exposition au vent de mon emplacement, je me suis replié en bon clochard sur un banc sous une rotonde. Me méfiant d'une intervention de la police ou du passage d'un japonais éméché, je ne dormais que d'un oeil. Ce ne fut pas la meilleure nuit de ma vie. Levé à 6h, j'hésitais à aller me baigner. Ayant oublié ma serviette et dans l'attente du soleil, j'abandonnai l'idée. Je préférai persécuter les nombreux crabes au milieu des rochers. Ne me voyant pas attendre l'ouverture de l'onsen et décu par le temps, je pris le bateau a 10h non sans avoir passé 25 minutes dans les toilettes pour recharger mon téléphone auparavant. Comme vous pouvez le constater, ce fut une expérience mitigée.
Je n'allais pas arrêter mes visites à midi et demi. L'après-midi, j'ai donc visité Asakusa, un quartier où l'on trouve, devinez quoi, des temples dont le fameux Senso-Ji. La promenade fut agréable sans être exceptionnelle, mais l'exceptionnel n'est pas le quotidien sinon le Robert fait erreur.
Vous aurez remarqué la disparition de la musique. Après avoir expérimenté ça sur un autre blog, je me suis rendu compte à quel point c'était insupportable. C'est donc fini.

2 commentaires:

Mathieu a dit…

C'est vrai que c'est mieux sans la musique ;-)
Bravo pour le vélo! Je pense qu'au Tibet (c presque gagné pour moi!), ça doit être pareil mais sans les freins... Mais pourquoi pas l'hôtel?? C'est aussi affreusement cher dans les iles?

Tu n'as pas de photos de ton ascension? Et on peut faire de la voile au Japon? Ou il n'y a jamais de vent sur la mer jaune...

Mathieu a dit…

Bravo pour le vélo! ça doit être pareil au Tibet, mais sans les freins (j'ai enfin eu une réponse positive!)...
Pourquoi refuses-tu l'hôtel?? Trop cher, comme partout au Japon?
Sinon, fais-tu de la voile, y a t il parfois une petite brise qui souffle sur la mer jaune??